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Où peut-on lire?

Publié dans : Composition
Lundi 7 mai 2007
    Quel paysage particulier qu'est celui de la politique française...

    Je ne sais pas si vous vous souvenez de George Orwell, un écrivain redoutable. Il a décrié au cours de ses plus belles oeuvres, parmi lesquelles je vous cite, pelle-mêle, 1984, La ferme des animaux et Oui-oui en vacances, la plus profonde souffrance qu'un peuple puisse subir : le pouvoir pour le pouvoir.

    Aujourd'hui, la France s'est réveillée avec à la tête du pays un homme dur et froid comme une bite de curé.

    Personnellement, je ne me place pas sur l'échiquier politique parce que d'une, je ne supporte pas la condescendance, et de deux, j'aime bien qu'on me plaigne. Autrement dit, ni donneur, ni récepteur de compliments inappropriés et gratuits, je méprise ceux qui pensent comme moi.
    C'est comme ça, c'est plus fort que moi, je redoute la pensée unique, qu'elle vienne de droite ou de gauche. Comment voulez-vous, dans ces conditions, appartenir à un quelconque groupuscule de gens qui auraient comme but que leurs idées soient celles de toutes les autres gens du même groupe!

    Il se trouve que là, j'ai un petit souci : à chaque élection présidentielle depuis 1981, je m'endors les soirs d'entre-deux tours avec les visage des deux présidents potentiels et le soir du deuxième tour, j'utilise toute ma hargne à tenter de dormir en tournant et retournant le visage du vainqueur dans ma tête jusqu'à ce que c'en devienne insupportable. En général, je finis par le manger dans un rêve merveilleux où mes instincts cannibales s'exacerbent jusqu'à ce qu'un heurt fasse vibrer un tympan ou mes couilles et que je m'extirpe non sans mal d'un sommeil qui jusque là m'avait semblé réparateur.

    Cependant, en 1988, je me souviens très nettement... Mon rêve se déroulait dans une ruelle sombre et caverneuse. François, vous permettez que je vous appelle François? était vêtu d'un grand manteau noir cousu dans un velours assez noble. Son écharpe rouge saillante et virevoltante dans ce vent violent qui décollait les cartons entreposés dans cette étroite ruelle, devait être un vague souvenir à Jean Moulin qui, rappelons-nous, préféra mourir dans le train qui l'emmenait à Berlin quitte à louper une soirée d'enfer à Auschwitz plutôt que de se concentrer sur ses réponses...

    Dans ce rêve, François, vous permettez toujours que je vous appelle François? M'adressa la parole pour me demander de l'accompagner. Là dessus, une mise en scène quant aux secrets de laquelle, bien qu'étant l'auteur de ce rêve, je ne fus pas même soumis me révéla nu dans la position qu'occupait Sylvia Christel dans un de ces nombreux romans-vidéo arliquinistes qui monopolisaient mes hormones et mon attention sur la 6ème chaîne quand les premiers poils apparurent. Par dessus moi, M. Mitterrand, vous permettez que je vous appelle M. Mitterrand? me fouettait avec une cravache tandis que ses vêtements étaient passés du velours au cuire, le grand manteau noir ayant cédé sa place au porte-jarretelle.

    La viande de ce petit nerveux de Sarkozy étant certainement plus proche de la carne encore que l'entrecôte des Artistes à Limoges, je ne pense pas que c'est dans une orgie culinaire et imaginaire que je me serais enfoui. Autant dire que j'ai très mal dormi.

    A repenser au dernier président de gauche qui fut élu, je pense qu'il est inutile de vous préciser qu'hier soir, Nicolas Sarkozy a brisé un rêve... Vous permettez que je vous appelle un taxi?




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